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Zones d’activités et friches industrielles, destins liés?

Jeudi 26 Octobre 2017

Jeudi 26 Octobre 2017

Le développement économique jurassien va se poursuivre. Et c’est tant mieux sachant que l’agriculture profite elle aussi d’un contexte socio-économique favorable. Cependant, ce développement doit se faire dans le respect d’une utilisation raisonnée du sol.

Malgré le cadre posé par la nouvelle LAT et des dispositions bienvenues dans la révision du plan directeur cantonal, force est de constater que rien ne garantit encore suffisamment une préservation efficace des terres agricoles face aux velléités de développement économique parfois exacerbées et visant une croissance à tout prix.

Mettons un terme aux zones d’activités « Cleenex » où on utilise, on abandonne, pour reprendre ensuite sans scrupules, de nouvelles surfaces vierges.

Le développement va essentiellement se faire dans les zones d’activités d’intérêt cantonal (ZAIC). A Glovelier et à Courgenay par exemple, des dizaines d’hectares d’excellentes terres sont déjà hachurés sur les plans pour étendre la ZAM et la SEDRAC durant les 30 ou 40 prochaines années. Là où le bât blesse, c’est notamment au niveau des prix articulés pour la vente de ces terrains stratégiques. Dans le canton, rares sont les fois où le m2 dépasse 100 fr. pour les investisseurs alors qu’à Aesch BL, par exemple, on articule plus de 600 fr. le m2. Pire, dans le Jura, on trouve déjà du terrain industriel à partir de 60 fr. le m2 en sortie de l’A16 ! A ce prix-là et pour un terrain nu directement constructible, quel investisseur s’intéressait d’abord à réhabiliter des friches comme l’ancienne Condor, l’ex-Benteler ou d’autres sites désaffectés ?

Mettons un terme aux zones d’activités « Cleenex » où on utilise, on abandonne, pour reprendre ensuite sans scrupules, de nouvelles surfaces vierges. Le développement de nouvelles ZAIC doit être conditionné d’une manière ou d’une autre à la réhabilitation de friches industrielles. Et pour ce faire, la taxe sur la plus-value ne sera pas suffisante. Il s’agit donc en premier lieu d’harmoniser les prix pratiqués dans les ZAIC jurassiennes, idéalement en cantonalisant les recettes fiscales de ces zones, pour éviter qu’elles continuent de se concurrencer.

Trouvons le juste équilibre entre développement de nouvelles zones et réaffectation de friches industrielles

Attirer des entreprises avec des terrains bon marché donne l’impression d’une région à la traîne alors que la part du coût d’un terrain dans le fonctionnement d’une entreprise est somme toute relative. Il s’agit donc de se montrer plus ambitieux et plus respectueux des ressources foncières qui seront définitivement soustraites à notre production alimentaire et à notre paysage. Ne laissons pas des cimetières d’usines en friche pour simplement se targuer de couper le ruban de nouveaux bâtiments industriels, érigés sur les meilleures terres agricoles du canton. Trouvons le juste équilibre entre développement de nouvelles zones et réaffectation de friches industrielles, souvent elles-aussi idéalement situées. Une taxe significative sur le m2 de terrain en ZAIC pourrait être directement affectée à la réhabilitation de friches industrielles pour que les entreprises qui profitent de nouvelles surfaces, participent également à restaurer l’existant, héritage d’un passé industriel délaissé.

Michel Darbellay, directeur CJA

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