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Excursion des JAJ en Suisse centrale

Samedi 19 Mars 2016

Samedi 19 Mars 2016

Intrants minimaux pour une rentabilité maximale

19.03.2016 - Une dizaine de membres des JAJ se sont réunis pour partir à la rencontre de collègues de Suisse Centrale. Ils ont découvert des systèmes de production aux différences enrichissantes. Une balade un brin surréaliste entre vaches kiwi, lamas et herbe bleue…

Grâce aux contacts établis par Vincent avec la Commission des jeunes agriculteurs (COJA), le groupe des JAJ a eu l’opportunité de se rendre en Suisse Centrale pour visiter des exploitations et rencontrer le groupe de Junglandwirte du coin.

Après 1h30 de route pour se rendre dans le canton de Lucerne, dans le village de Willisau, une route campagnarde nous emmène sur l’exploitation de la famille Aregger. Avec 40ha de collines et 20ha en plaine, le domaine dépasse de loin la moyenne régionale. Les Aregger se demandaient comment valoriser au maximum cet espace en important le moins d’intrants possible sur l’exploitation. Cette réflexion les a conduits à faire de nombreux choix très rationnels, comme celui de miser sur les vaches Kiwi-cross, assez petite pour se plaire dans les collines, assez productives pour la zone Emmenthal et capables de valoriser le fourrage grossier à la perfection. Les vaches pâturent d’avril à novembre et sont fourragées au foin, complété d’un peu de maïs et de soja, le reste de l’année. Cette formule permet une moyenne de 5500l/vache par an avec des pics à 7500. Lorsqu’un jeune demande pourquoi ils ne cherchent pas à améliorer la génétique de ses bêtes, M. Aregger répond qu’augmenter la production augmente aussi les coûts et que ce n’est pas la vision de l’exploitation. Cette formule permet à la famille de bien s’en sortir et l’acquisition d’un domaine attenant est une des rares opportunités d’agrandissement que la famille ait concédé.

L’exploitation de plaine qui appartenait à la famille de Madame Aregger est exploitée par la famille, mais tous les travaux sont effectués par des tiers. La production est écoulée dans la région pour éviter les 20 km de trajets qui séparent les deux fermes. Cette stratégie est définitivement attestée par le parc machine qui compte simplement un tracteur de 65 chevaux, un andaineur et une pirouette. Ce qui, soit dit en passant, suffit amplement aux travaux usuels.

La réflexion est la même sur le domaine de la famille Meyer, à quelques kilomètres de là : Importer le moins possible pour réduire les coûts au maximum.

Après un frugal dîner aux goûts de la région, Vinzenz (le mari) nous fait le tour du propriétaire. Outre la salle de fête et les quelques chambres d’hôtes, les Meyer ont une cinquantaine de truies, le même nombre de bovins d’engraissement (de race Grise rhétique et Angus), 3 lamas et une grande variété de menu bétail. Sur les 22ha de l’exploitation, le bilan de fumure atteint chaque année les 110% maximums. Conscient de cette limite, Vinzenz rit volontiers en se souvenant que lorsqu’il était plus jeune, l’herbe était souvent bleue… La famille accueille des classes, des colonies de vacances, des groupes de différents secteurs auxquels elle donne un bel aperçu de la vie agricole.

Grand bricoleurs, Vinzenz nous montre fièrement les nombreuses améliorations qu’il a apportées à l’aération, à la mangeoire ou à la porcherie. On peut suivre la même réflexion derrière ces travaux : faciliter le travail, minimiser les intrants (en main d’œuvre cette fois) et profiter de plus de temps libre.

Après la visite, nous attendons, en vain les jeunes agriculteurs du coin qui nous ont apparemment oubliés. Sans rancune, nous reprenons la route du Jura pour partager ensemble une partie de la soirée. La journée a permis de découvrir des systèmes d’exploitation totalement différents de ce dont on a l’habitude dans la région jurassienne et de partager un vrai moment de convivialité.

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