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Des crédits nécessaires pour alléger la charge des investissements

Mercredi 13 Juillet 2016

Mercredi 13 Juillet 2016

Moins d’argent pour les crédits d’investissement (CI) et les améliorations structurelles. Le Conseil fédéral fait décidément fausse route, sachant que les investissements, justifiés et supportables, sont le passage obligé pour gagner en compétitivité par des outils de production rationnels.

Le message issu de la consultation est même encore plus restrictif envers l’agriculture avec un versement au fonds de roulement des CI abaissé de 2,7 à 2 millions de francs alors qu’en 2015 on comptait encore 47 millions de francs !

Le Ministre de l’économie Johann Schneider-Ammann devrait pourtant se rappeler son passé d’entrepreneur. Pour améliorer la compétitivité des entreprises, d’autant plus confrontées aux marchés internationaux, il devrait au contraire renforcer les crédits d’investissements, à l’exemple des propositions que la CJA lui avait présentées en avril 2015.

En voulant à la fois diminuer les contributions AF de 11 millions de francs et les crédits d’investissement de 14 millions de francs par an par rapport au niveau actuel, le Conseil fédéral réduira sensiblement la voilure tout en ayant encore élargi, avec la PA 14-17, le cercle des bénéficiaires aux petites entreprises du premier échelon de transformation.

Conscient que ses intentions provoqueront un engorgement des demandes, le Conseil fédéral anticipe en accélérant la rotation du fonds de roulement par la réduction de la durée de remboursement des CI. De quoi accroître la charge des investissements et mettre à mal encore davantage la trésorerie des exploitations. Par ce biais, les sept sages entendent soi-disant privilégier les investissements rentables et peu coûteux.

Il suffirait déjà d’harmoniser les critères d’appréciation des projets pour s’assurer de la viabilité des investissements. En revanche, réduire la durée de remboursement écartera des projets pourtant intéressants mais jugulés par des remboursements au pas de charge sur une période totalement déconnectée de la durée d’utilisation ordinaire des infrastructures. Espérons que le Parlement comprenne les enjeux et daigne corriger le tir, non seulement en faveur des familles paysannes mais aussi des entreprises actives dans les constructions et infrastructures agricoles.

Michel Darbellay, directeur CJA

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